Les fêtes peuvent être difficiles…

Les fêtes ne sont pas toujours un moment agréable. Venez en parler dans un endroit sûr, sans jugement, en toute confidentialité.
Je vous reçois au Pôle Sérénité au Travail à Savenay.
Thérapie Brève, Hypnose, Sophrologie. Psycho praticienne en thérapie comportementale cognitive et émotionnelle

… Même quand tout semble aller bien.

Dans un épisode de podcast de décembre 2023, je parlais du stress dans les événements positifs et j’y abordais aussi, les stress et les émotions ambivalentes de la fin d’année.

Au moment où sort ce texte, issu d’un nouvel épisode du podcast, nous sommes de nouveau dans cette période des fêtes. Deux ans ont passé, mais ce que je disais à l’époque reste juste. Aussi je vous propose de relire l’extrait et j’y ajouterai quelques autres éléments qui peuvent être importants à comprendre pour traverser cette période.

Voici donc ce que je vous disais à l’époque :

« Cela peut paraitre paradoxal, mais ce n’est pas parce qu’on est content que tout est facile.

Il est légitime de ressentir plusieurs émotions en même temps, pour un même événement.

Pourtant, bien souvent, quand ce sont des événements a priori positifs, on s’en veut de ne pas être totalement heureux.se et satisfait.e., voire pas du tout en joie, au contraire dans de la crainte, du stress, parfois de la tristesse ou des peurs.

On ne laisse pas place à ce que l’on ressent vraiment, on peut ainsi lutter contre nos pensées, nos ressentis et nos émotions. Se battre contre soi-même. Et ne pas profiter du tout de l’événement.

Une période particulière

Dans cette période de fin d’année et des fêtes associées Noël et jour de l’an, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle.

Dans cette période, rares sont les environnements où il n’y a pas plein de lumière et de couleurs festives. Les publicités à l’extérieur, à la télé, à la radio, dans les magazines, les films de Noël à la télé, nous rappellent la période de l’année dans laquelle nous sommes et tous les présupposés de cette période. Il est en effet généralement admis que ce sont des fêtes joyeuses, familiales, festives… et quand on n’est pas dans cet état d’esprit, pour plein de raisons, cela peut être difficile à vivre.

Des peurs liées à Noël

En effectuant des recherches sur cette période, j’ai découvert qu’il existait des phobies spécifiques à Noël :

La natalophobie et la capitallophobie.

La natalophobie : la phobie de Noël. Les personnes qui en souffrent vont ressentir à l’approche de Noël des symptômes physiques et psychiques tels que des palpitations cardiaques, des douleurs au ventre, des migraines, des diarrhées ou encore des crises d’angoisse et de la déprime.

La capitallophobie : une phobie moins commune, est l’angoisse ressentie au moment de l’ouverture des cadeaux. La peur de recevoir des cadeaux est réelle, avec des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des démangeaisons, des sensations d’oppression au moment de l’ouverture des cadeaux.

Ce sont des peurs bien réelles dont certaines personnes souffrent en ce moment.

Sans aller jusqu’à ces phobies, la période de Noël peut être source de nombreux stress et émotions désagréables.

Les sources de stress à Noël

Déjà, les environnements, qui sont généralement plus bruyants, plus lumineux, plus fréquentés que d’habitude, peuvent devenir très vite ‘trop’, trop bruyants, trop lumineux, trop fréquentés et saturer les sens des personnes avec une hypersensibilité.

Et il y a les pressions et les attentes sociales : c’est une période où il est préférable de se montrer en joie et enthousiaste au risque de se faire traiter de Grinch (Le Grinch est une créature fictive du livre pour enfants, Le Grincheux qui voulait gâcher Noël, paru en 1957 et dont il existe plusieurs adaptations au cinéma).

Il y a également la volonté de contenter et faire plaisir à tout le monde. Offrir des cadeaux, faire plaisir et ne pas avoir le budget ou pas suffisamment. La charge mentale de cette liste de cadeaux à faire, n’oubliez personne. Les dépenses pour les déplacements qui s’ajoutent.

Se retrouver en famille n’est pas toujours simple non plus, avec une tante qui demande quand est-ce qu’on va avoir se décider à faire des enfants, un parent qui boit un peu trop, les tensions dans les fratries… Les complications éventuelles avec les familles recomposées, d’autant plus si elles ne s’entendent pas.

L’organisation, les préparatifs, si c’est vous qui recevez.

La période n’est pas non plus réputée pour être les vacances les plus reposantes de l’année : les trajets et déplacements, les repas copieux et riches, les veillées, le manque de sommeil…

Si vous êtes en train de vivre quelque chose de douloureux en ce moment, si vous êtes seul.e, si vous souffrez, le décalage peut vous paraitre violent.

Et puis, c’est aussi une période de bilan. Et il n’est pas toujours réjouissant. On peut parfois, juste avoir envie que ça se termine, de passer à autre chose… pas de célébrer.

Nos ressentis sont légitimes

Nous pouvons nous sentir obligé.e d’être heureux.se. et nous culpabiliser d’être dans des ressentis tout autre, voire à l’opposé. Il y a un côté tabou à dire que nous n’apprécions pas cette période, alors nous gardons ces émotions pour nous. Nous craignons le jugement des autres. Nous pouvons avoir honte, et nous sentir encore plus isolé.e.

Pourtant, tous nos ressentis, toutes nos émotions, sont légitimes. Nous n’avons pas à nous justifier ou à nous culpabiliser de ce que nous ressentons. Il y a toujours une bonne raison, n’oubliez pas que c’est un mécanisme naturel et d’adaptation.

Si vous vous retrouvez dans ces situations, si vous ne vous sentez pas en phase avec la période, sachez que vous n’êtes pas seul.e. De nombreuses personnes sont comme vous et donnent le change en ce moment même. »

Quand je disais cela, je pensais à certaines situations très concrètes que je n’avais pas développées à l’époque.

Et encore d’autres raisons

Remaniement intérieur

Parfois, on n’est pas dans l’esprit de Noël parce qu’on traverse un moment de remaniement intérieur.

C’est très fréquent quand on a commencé une thérapie par exemple.

Une thérapie peut faire remonter des souvenirs, mettre en lumière des fonctionnements anciens, des blessures, des loyautés familiales. Elle peut aussi amener à se demander qui l’on est, ou qui l’on devient.

Tout ce travail demande du temps, de l’énergie, et souvent du silence intérieur. Des temps de réflexion, d’intégration, d’infusion. Pas toujours compatibles avec l’ambiance des fêtes.

Dans ces moments en effet, les injonctions à la joie, au partage, à la convivialité peuvent être vécues comme une pression supplémentaire. Non pas parce qu’on rejette les autres, mais parce qu’on est déjà en train de faire un travail important pour soi.

C’est par exemple aussi à cela que je pensais, quand je parlais du décalage entre ce que l’on ressent et ce que l’on pense devoir ressentir.

Rejouer des rôles

Il y a un autre élément très fréquent qui arrive : le fait de se retrouver à rejouer des rôles anciens. Surtout si on se retrouve en famille.

Parfois, on se retrouve dans la maison familiale. On rejoint nos parents, nos frères et sœurs, et sans toujours s’en rendre compte, on redevient “l’enfant que l’on était”.

Celui ou celle qui se tait. Qui fait plaisir. Qui apaise. Qui explose. Qui fait le clown. Qui déçoit…

On redevient l’enfant de nos parents et on reprend la place qu’on occupait dans la fratrie.

Le problème, c’est que nos parents ne sont plus nos parents comme avant. Et nous ne sommes plus, non plus, les enfants que nous étions.

À ce sujet vous pouvez lire le livre (qui peut bousculer un peu) « Vos parents ne sont plus vos parents » de Marie-France et Emmanuel Ballet de Coquereaumont aux Editions Eyrolles.

En effet, avec le temps, chacune et chacun a changé. Les places ont changé. Les âges ont changé. Les vécus ont changé. Mais les rôles, eux, peuvent rester figés.

Ce n’est pas un retour en arrière volontaire. C’est un réflexe relationnel, souvent inconscient.

Alors cela peut être amusant de rejouer les petits jeux de rôles familiaux, surtout si c’est conscient, et la plupart du temps, tout se passe bien.

Seulement, quand il y a eu des histoires familiales compliquées, des manques, des violences, des non-dits, ces retrouvailles peuvent raviver des tensions anciennes.

Et tant que ces rôles ne sont pas réajustés, les fêtes de fin d’année peuvent devenir un espace où l’on se sent coincé, à nouveau petit.e, à nouveau impuissant.e, à nouveau en trop ou pas assez.

Un ajustement nécessaire

Dans ces conditions, il est parfaitement compréhensible de ne pas être en joie. Ce n’est pas un manque de gratitude. Ce n’est pas un défaut. C’est souvent un signal qu’un ajustement est nécessaire.

Ne pas être dans l’esprit des fêtes n’est pas un problème à corriger, mais une information à écouter. Une invitation à se respecter, à se protéger, et parfois à faire différemment.

À ce propos, je me souviens d’une anecdote.

Il y a une trentaine d’années, pendant mes études d’architecture, un professeur d’histoire de l’art nous avait suggéré, totalement à contre-courant, de dîner d’une simple soupe de légumes et de se coucher tôt avec un bon bouquin le soir du réveillon.

Cela nous avait semblé très radical à l’époque. Et pourtant… pourquoi pas, si c’est ce qui vous convient.

Si vous voulez en parler, prendre un rendez-vous :